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Fantassin Uppercut Hades

Comment perdre de l’argent et bien foirer son projet web !

Une recette simple en 6 points pour parcourir le chemin balisé de l’échec et rejoindre tout droit la communauté de ceux qui ont un site web inefficace qui leur a coûté cher (et qui du coup, n’aiment plus du tout le web ni les agences). 

Dans la vie d’une entreprise, il y a toujours des moments où on foire des projets en beauté, et où on perd de l’argent. Alors autant que ce soit sur le web : c’est un endroit hostile et incompréhensible où beaucoup de gens se plantent. Après tout, c’est simplement l’image de la boîte qui est en jeu, et en plus on peut mettre toute la responsabilité sur le dos du prestataire.

Alors pourquoi se priver ? En plus, ça fera plein de choses à raconter quand on nous fera remarquer que notre site web est moisi. Alors entrons dans le vif du sujet : on vous explique comment échouer efficacement et passer à côté d’un projet web utile et efficace. 

1. Ne pas définir d’objectifs précis

C’est vrai, comme ça on s’épargne quelques réunions et on reste souple, on avance au jour le jour, selon l’humeur. On pourra se faire refourguer toutes les idées chères et inutiles sans voir l’arnaque, et on pourra aussi soumettre toutes nos inspirations mal dégrossies (celles qu’on a eu en discutant en fin de soirée avec notre beau-frère qui fait un peu de retouche photo). 

Et puis sans objectifs, on peut clairement avoir des attentes complètement déconnectées de la réalité, ça fait travailler l’imagination, et les médecins disent que c’est bon pour le cerveau. 

En revanche, c’est peut-être pas bon pour l’entreprise, mais ça on sait pas, et on ne saura jamais : pas d’objectifs, ça veut dire pas de critère pour mesurer la réussite du projet ! Malin !

2. Communiquer, mais sans se comprendre

Ben oui, le web, c’est l’inconnu, et ça trimballe une image qui donne pas trop envie de s’y intéresser (il paraît que les développeurs sentent mauvais).

Et puis on n’est pas là pour parler web, on est là pour parler de notre entreprise, donc même si ça va être difficile d’avoir des échanges utiles avec le prestataire, au moins, chacun reste dans sa zone de confort.

On se comprend pas, mais ça nous va : après tout, un projet web, c’est virtuel, donc c’est superficiel, on n’a pas besoin de donner un peu de profondeur au débat ! 

3. Vouloir tout, tout de suite 

Right. Now. C’est bon, le digital, c’est facile, c’est juste afficher des pixels sur un écran. 

Donc on va pas partir sur un projet qui dure plusieurs mois, non. On veut un truc en ligne rapidement, un résultat visible au plus vite : on aura coché la case, on pourra passer à autre chose. 

Non, pas besoin de s’interroger sur la stratégie, sur les fonctionnalités, sur la stabilité et la pérennité technique du projet : on nous a dit qu’il fallait un site web, on veut un site web. N’importe lequel, rapidement. Mais avec notre logo. En gros. 

4. Ne pas s’organiser en interne

Pas besoin, y’a bien quelqu’un qui va gérer, non ?

On met tout le monde en copie, et c’est celui qui a le temps qui répond aux messages, qui rassemble éventuellement les éléments à fournir, qui valide chaque étape du projet. C’est aussi lui qui attend passivement la prochaine réunion avec tout le monde, parce que sur ce sujet là, il faut en parler ensemble avant de donner des réponses au prestataire.

On verra bien qui a le temps de s’en occuper. Mais bon, on est tous un peu charrette en ce moment. Et puis on paie un prestataire pour ça après tout !

5. Ne pas s’impliquer dans le projet

Encore une fois, le web, c’est pas votre boulot. 

Vous êtes plutôt là pour commenter les propositions et critiquer autant que possible (ben quoi, vous avez payé !), histoire que les choses traînent jusqu’à ce que le projet perde son sens, et que la motivation principale du prestataire, ce soit de terminer au plus vite. 

6. Ne pas anticiper

C’est vrai que c’est mieux de découvrir au fur et à mesure toutes les implications et la complexité d’un projet web, et de réagir face aux difficultés plutôt que d’anticiper et de construire pour les éviter. Après tout, on connaît des gens qui sont toujours dans l’urgence, le stress et la panique et qui s’en sortent bien. Enfin, on croit.

Et puis c’est pas comme si il y avait des agences qui avaient conçu une méthode de conception de projet web pour justement définir en amont une stratégie efficace, les outils nécessaires à sa mise en place, la mise en place d’un langage commun pour échanger et explorer en profondeur sur les attentes et les intentions, pour avoir un cahier des charges clair, des étapes bien structurées, des objectifs mesurables et un projet web sur les bons rails avant même d’avoir commencé sa production ! 

Non, ce serait trop beau, on ne peut pas y croire.