Comment le WordCamp Europe 2020 a révélé la valeur de la contribution open-source !

Vie de l'agence

Quand une pandémie oblige un évènement professionnel d’envergure européenne à changer de format dans l’urgence, on peut s’attendre à ce que le succès soit en demi-teinte. Et pourtant, en se déroulant totalement en ligne, le WordCamp Europe 2020 a démontré toute la force de la communauté WordPress, regroupée autour du Contributor’s Day.

La vie, c’est ce qui arrive en dehors des plans, pour traduire approximativement feu John Lennon. Et là, le plan c’était d’emmener toute l’équipe Fantassin à Porto pour le WordCamp Europe 2020, du 4 au 6 juin. A la rencontre des professionnels de WordPress venus du monde entier, pour enrichir nos compétences, échanger, discuter, apprendre, et participer ensemble à améliorer les pratiques autour de nos outils web de prédilection.

On se faisait une joie. Vraiment. Surtout quand on sait comment ça s’est passé pour Joffrey et Florian l’an dernier au WordCamp de Berlin. Mais en dehors des plans, il y a eu le confinement et la fermeture des frontières. La vie en télétravail, seul devant son écran. Au revoir Porto, bonjour le WordCamp en ligne.

La substance des (visio) conférences

C’est donc chacun de notre côté, entre quatre murs et avec des vitesses de connexion variables qu’on a regardé les conférences proposées par cette édition 2020.

Le programme avait de quoi éveiller notre intérêt, avec une multitude de débats intéressants, et des temps dédiés à tous les métiers, entre développement web, design, création de contenus, gestion de projet et management. On a notamment apprécié la présence de conférences qui sortent des logiques purement orientés métier, notamment avec celle de Tara King sur les manières de prendre soin de ses employés ou collègues isolés ou sous-représentés au sein de l’équipe.

Parmi les débats brûlants qui agitent l’écosystème WordPress, il y a aussi la question de son avenir, entre les évolutions de l’éditeur Gutenberg, qui se dirige vers des fonctionnalités d’édition complète de site, et les questions de performances qui prennent de plus en plus d’importance.

La photo de famille des contributeurs du WordCamp 2020 (enfin, ceux qui ont envoyé une photo…)

Les débats sur les différentes manières de garantir un avenir à WordPress ont posé des questions intéressantes, particulièrement face au développement des modèles de conception JAMstack (JavaScript, API et Markup), qui permettent de créer des sites statiques très performants, et qui motivent un regard plus poussé sur les possibilités offertes par le headless WordPress (profiter des fonctionnalités de gestion de contenus en backoffice, tout en ayant le contrôle complet du code de l’apparence du site sans dépendre de la couche des thèmes graphiques, grâce à une API qui fait le lien entre les deux).

Pourtant, malgré les enjeux majeurs pour nos professions, on doit bien admettre qu’on n’a pas réussi à vraiment entrer dans le cycle de conférences. On ne sait pas si c’est le fait d’être devant son écran, de voir les conférenciers dans la même situation, sans la solennité d’une tribune, sans l’élan d’un public, sans les possibilités d’échange direct, sans l’énergie portée par les rassemblements humains, mais il nous manquait quelque chose pour être totalement enthousiastes et avoir les yeux qui brillent.

Ou peut-être qu’on avait tout simplement épuisé notre quota d’euphorie à un autre moment décisif de ce WordCamp : le Contributor’s Day. Et que la suite souffrait un peu de la comparaison, même si au cours de la conférence de Miriam Schwab, on a vu apparaître dans le chat cette citation, qui nous donne une transition toute trouvée vers la principale force de WordPress.

« WordPress is not old, it is constantly renewed »

Hymel Jones
« WordPress n’est pas vieux, il se renouvelle constamment »

L’âme de la contribution

Pour être capable de se renouveler en permanence, WordPress doit être lucide sur ses qualités, ses points d’amélioration, ses concurrents et les évolutions du web, tant dans ses volets techniques et graphiques que dans ses usages. Il doit pouvoir être réactif pour corriger ce qui doit l’être, et anticiper ses futures évolutions pour proposer régulièrement des nouveautés utiles et pertinentes pour ses usagers.

Autant de choses qui, sur la durée, sont extrêmement difficiles à tenir sans des moyens humains considérables. Pourtant, WordPress continue à avancer depuis près de 20 ans, et équipe plus d’un tiers du web grâce à des contributions majoritairement bénévoles.

C’est là toute la beauté du logiciel open-source : comme il est mis à disposition gratuitement, il réveille les bonnes volontés qui viennent participer à son amélioration continue.

Pour de nombreux professionnels, dont nous faisons partie, la contribution est une juste manière de rendre à WordPress ce qu’il nous apporte dans l’exercice de notre métier (il suffit de parcourir les pages de notre site pour se rendre compte que c’est beaucoup).

Mais la contribution, particulièrement lors d’un Contributor’s Day où des centaines de personnes travaillent en même temps, c’est bien plus que ça. C’est un lieu de rencontres humaines, où nous avons partagé notre passion avec toutes les formes de métier qui gravitent autour de WordPress.

Se rendre compte de l’émulation collective qui se répand lorsqu’on contribue collectivement nous fait oublier la marche du temps, et nous donne de l’élan pour bien bosser au service de toute la communauté.

C’est aussi un moyen d’apprendre et de monter en compétence rapidement. Quand on creuse un sujet pendant une demie-journée voire une journée, certains concepts deviennent beaucoup plus simple à appréhender. C’est même souvent de la veille utile, qu’on ne prend jamais le temps de faire sur son temps de travail.

L’échange avec des pairs permet de progresser, ce n’est pas un secret. Sortir de sa grotte pour échanger sur sa vision au sein de la communauté permet de remettre en question ses habitudes. De ne rien tenir pour acquis, et de s’améliorer en permanence.

Bien sûr, pour que ça fonctionne, il faut entretenir l’intérêt et la participation, et créer un véritable sentiment d’appartenance. Dans tous les évènements liés à WordPress, on est toujours frappé par la bienveillance et la considération de la communauté. Par la véritable sensation d’un collectif soudé qui avance dans la même direction, et qui s’organise pour que chacun trouve facilement sa place.

Et là, lors de ce Contributor’s Day du WordCamp 2020, on a touché du doigt toute la beauté et la valeur de la contribution open-source. Cette journée a battu des records de participants, de contributeurs, et de tickets traités, par des personnes réparties partout dans le monde.

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On ne sait pas si le fait de passer à un format en ligne a élargi l’audience de ce WordCamp, ou si les gens avaient besoin de se regrouper pendant cette période de pandémie, mais cette journée a été le meilleur témoignage de l’implication de la communauté WordPress, et le meilleur indicateur que le CMS est là pour durer.

Participer au mouvement

Vu la mine satisfaite de notre contributeur maison, on a envie d’inciter tous ceux qui le peuvent à s’impliquer dans la communauté : c’est bénéfique pour tout le monde. Et on aussi envie de rassurer ceux qui estiment que leur code a encore besoin de mûrir avant de se lancer dans la contribution : les besoins sont multiples, et ne nécessitent pas tous des compétences d’experts avec 30 ans d’expérience.

La contribution, ce n’est pas seulement de la production de code : c’est aussi de la review, des tests, de la documentation, beaucoup de traduction, mais aussi du design, du marketing, de la pédagogie… Il y a de la place pour tout le monde, et chacun peut se rendre utile à son niveau.

On en sort grandi, plus riche personnellement et professionnellement.

Pour avoir un aperçu de la manière dont ça se déroule, on vous propose une petite vidéo des remarques introductives de la journée de contribution à Gutenberg, où on peut apercevoir le visage radieux de Florian, notre directeur technique !

On espère vous voir à nos côtés pour les prochains WordCamp, en France ou ailleurs (et espérons-le, à Porto, avec toute notre équipe, en 2021) !