Quels points de vérification de base pour votre site WordPress ?

Parfois, la gestion d’un site web réserve des surprises désagréables : un petit ralentissement par ici, un défaut d’affichage par là, ou plus grave : une faille de sécurité.

Pour s’y retrouver sans avoir de connaissances techniques, plusieurs outils et bonnes pratiques permettent d’avoir une vision claire de l’état de santé de son site, et de savoir quoi faire pour améliorer ses performances.

Vérifier l’essentiel et se débarrasser de l’inutile

À l’image de n’importe quel outil, un site web doit être entretenu pour continuer à remplir son rôle correctement, et éviter de subir une usure prématurée. 

Le premier point de vigilance réside donc dans la mise à jour des éléments importants de sa structure : le CMS, les extensions, le thème graphique… 

Les mises à jour ont pour rôle d’apporter de nouvelles fonctionnalités, mais aussi de corriger d’éventuelles failles de sécurité et d’assurer la compatibilité avec les dernières évolutions des navigateurs. C’est donc un point crucial pour le bon fonctionnement du site de le faire évoluer dans la dernière version disponible de tout ce qui compose son système. 

D’ailleurs, le moment des mises à jour est une bonne occasion de faire un point sur les plugins installés sur le site : ces extensions mobilisent des ressources, et plus elles sont nombreuses, plus elles vont ralentir ses performances et multiplier les possibilités de conflit entre elles. Il faut donc faire régulièrement le point sur leur utilisation et leur utilité, mais aussi sur leur maintenance : si une extension n’est plus mise à jour par son concepteur, les failles de sécurité ou les bugs fonctionnels qui pourront apparaître ne seront pas corrigés. Pour garantir la pérennité de votre site, désinstallez les plugins qui ne sont plus maintenus (vous pouvez consulter une base de données des failles repérées sur les plugins). 

Si votre site utilise des outils d’analyse d’audience ou enregistre des données personnelles, il faut également vous assurer qu’il respecte la réglementation en vigueur, notamment en s’assurant du consentement des visiteurs sur l’utilisation qui sera faite des informations récoltées. En France, le cadre légal applicable sur la question est le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), dont le respect est un peu plus compliqué que la simple mise en place d’un bandeau relatif à l’utilisation de cookies. Pour les questions de bases, l’autorité en charge du RGPD a publié un guide pour savoir par où commencer, mais certaines questions peuvent nécessiter la consultation d’un avocat spécialisé (d’ailleurs, on est allé en consulter un qui nous a préparé des ressources à ce sujet, à lire prochainement ici !). 

Enfin, faites régulièrement un tour dans vos contenus pour faire un tri dans vos brouillons, vérifiez, si votre site est multilingue, que les contenus sont bien traduits, ou encore que vos structures de page/sous-page et vos catégories d’articles sont toujours pertinentes.

Bonne pratique

Procédez toujours aux mises à jour du système et des extensions sur une copie de votre site installé sur un serveur non public (pré-production), et qui dispose des mêmes caractéristiques technique que votre serveur de production (site public). Ce ne sera qu’après la validation que tout le site fonctionne correctement après l’ensemble des mises à jour que vous pourrez effectuer les mises à jour sur le site public.

« Extensions vérifiées et stables ; mises à jour fréquentes en pré-production puis en production ; principe de conservation de l’utile uniquement.

Ce sont la les 3 ingrédients de base pour un site en bonne santé. »

Évaluer l’efficacité globale du site

L’efficacité d’un site web dépend d’un ensemble de variables, et il suffit d’un grain de sable dans la mécanique pour affecter le fonctionnement du site dans sa globalité. Alors pour ne rien laisser échapper à votre vigilance, un ensemble d’outils utiles est à votre disposition pour vérifier les capacités athlétiques de votre site :

Santé du site WordPress

Commençons par cette interface complète directement accessible aux administrateurs d’un site WordPress, dans l’onglet “Outils”, le champ “Santé du site” vous permet d’accéder à un examen complet de votre site, des problèmes qui y ont été relevés et des améliorations qu’on peut y apporter. 

Audit de performances

Le temps de chargement d’un site est devenu une donnée cruciale tant pour l’expérience utilisateur (notamment sur mobile) que pour le référencement.

Les outils de Google, LightHouse ou Page Speed Insights, permettent d’obtenir des indicateurs de performance clairs ainsi que le listing des optimisations à réaliser pour les améliorer.

Astuce

Optimisez le poids de vos images avant de les intégrer à votre site. Dans l’immense majorité des cas, elles sont en cause dans les problèmes de performance.

Audit SEO

En premier lieu, il faut s’assurer que le site est visible par les moteurs de recherche (crawlable et indexable), et qu’il contient bien les fichiers robots.txt et sitemap.xml.

Si c’est le cas, les robots peuvent venir explorer vos pages (on appelle cela le crawl) et les référencer (l’indexation). 
Pour évaluer les aspects techniques et sémantiques qui influencent le référencement de votre site, l’outil SEOptimer présente une vue d’ensemble assez complète pour évaluer la situation du site vis-à-vis des moteurs de recherche.

La Google Search Console permet quand à elle d’avoir des données plus complètes pour construire une stratégie de référencement aboutie.

Enfin, des extensions de telles que Yoast ou SEOPress permettent de repérer les liens morts (et de savoir où mettre à jour votre contenu) et les pages 404 de votre site (pour mettre en place des redirections vers des pages actives). 

Audit d’affichage

Le nombre de tailles d’écrans et de configurations possibles pour l’affichage d’un site est devenu gigantesque au fil des années, nécessitant la création d’outils comme Browserstack pour tester toutes les possibilités d’affichage (mobile, tablettes, petits ou très grands écrans de toutes les époques).

Astuce

Testez vous-même votre site directement sur mobile (ou via l’inspecteur de votre navigateur pour les plus avertis d’entre vous). Ce canal est devenu stratégique, c’est depuis quelques années la principale source de trafic sur le web. Alors pour visualiser ce que verrons une majorité de visiteurs, vérifiez régulièrement le rendu sur vos téléphones. 

Vérifications de lisibilité

Un site web doit pouvoir être lisible dans toutes les conditions de luminosité, et certaines associations de couleurs peuvent rendre difficile de dissocier le texte. Pour vérifier que le contraste est suffisant entre texte et arrière-plan, on peut utiliser WebAIM Contrast Checker.

Ce dernier point fait partie d’un ensemble plus important : celui de l’accessibilité d’un site web, pour garantir une expérience viable pour tous les profils de visiteurs. Et c’est un point de vigilance majeur qui va donc faire l’objet d’une partie dédiée.   

« Voyez votre site web comme votre voiture. Tout l’objet du travail de maintenance et de monitoring quotidien est de s’assurer que vous pourrez bien démarrer et vous rendre à destination au moment où vous en aurez le plus besoin. »

Garantir l’accessibilité du site

On oublie parfois que les expériences de navigation sur le web ne sont pas vécues de la même manière par tout le monde, et que certaines parties d’internet demeurent malheureusement inaccessibles pour les personnes qui vivent avec des troubles visuels, moteurs, cognitifs ou auditifs. 

Le travail sur l’accessibilité doit se faire dès la conception du site, c’est pourquoi il est important d’évoquer la question avec son prestataire en amont, pour garantir le niveau de conformité requis avec les référentiels et les recommandations en la matière, telles que définis notamment par le W3C, l’organisme normatif du web, dans ses Web Accessibility Guidelines

Ce cadre est transposé en France dans le Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité (RGAA). La mise en conformité avec ses dispositions est une obligation légale pour les sites de certaines structures, notamment ceux des services publics ou des délégataires de services publics. 

Astuce

L’accessibilité, c’est aussi la manière dont on met à disposition les contenus du site. Le menu est une voie d’accès, mais ce n’est pas la seule. Pensez donc le menu du site comme un accès rapide aux principaux contenus, mais pas forcément comme une représentation de l’arborescence complète du site, car trop d’information nuirait à la lisibilité de l’architecture éditoriale. 


Même sans y être obligé, et au-delà de la satisfaction morale de proposer une expérience de navigation inclusive, les recommandations qui y sont énoncées constituent un socle technique qui garantit une structure solide, reposant sur un respect de normes sémantiques profitables à tous les sites, notamment pour leur référencement, mais aussi pour l’opérabilité, la compatibilité et la maintenance de leur code.

« Un site web, c’est bien. Avec des contenus efficaces et pertinents, c’est encore mieux.
Là où ça devient dommage, c’est quand l’addition de petits éléments problématiques vient perturber l’accessibilité globale de vos contenus.
C’est bête hein, on y était presque ! »

Ce qu’il faut retenir

  1. Faites toujours les mises à jour pour garantir la fiabilité et la sécurité de son site (d’abord sur un espace de pré-production, puis sur votre site public) – ou à minima, faites faire ces mises à jour !
  2. Vérifiez la conformité du site avec le RGPD et le RGAA si vous êtes concernés
  3. N’utilisez que ce qui est essentiel au fonctionnement de votre site (extensions notamment)
  4. Gardez un oeil sur le bon état quotidien de votre site (avec des outils tels que WP Umbrella par exemple)