Une identité et une refonte de site web pour ArchiPat

Construire un site et une identité sur-mesure, c’est une suite de réflexions et de choix qui permettent de mettre en valeur tout ce qui est important pour notre client. C’est une démarche où aucune étape ne doit être négligée. On vous explique pourquoi et comment avec l’exemple d’Archipat !

Quand un de nos clients fait le choix de nous faire confiance pour sortir des standards et lui délivrer un site qui ne ressemble à aucun autre, on doit d’abord se décentrer pour comprendre parfaitement ce qu’il fait, et comment il le fait. 

On doit trouver le moyen de répondre à la fois à ses attentes et à celles de ses interlocuteurs, de lui permettre de remplir ses objectifs tout en délivrant une information utile, claire, et lisible sur son activité, son expertise, sa vision. C’est un travail d’écoute, de considération, d’échanges. De tri, de retouches, de sens du détail, mais aussi de vision globale et de cohérence. 

Une rencontre, des besoins

Quand on a rencontré Archipat, on a tout de suite su que ce travail allait être constructif. Depuis près de 20 ans, ces architectes du patrimoine portent cette spécialité avec l’exigence et la passion nécessaires pour transmettre leur savoir-faire, faire le lien entre le passé, le présent et le futur dans le respect de l’histoire des lieux sur lesquels ils interviennent, en France comme à l’étranger. 

Entre le potentiel graphique de leur travail, son inscription dans la préservation du patrimoine et la transmission de la grande histoire, on a immédiatement été sensible au projet. 

L’entreprise est venue nous consulter alors qu’elle venait d’accueillir de nouveaux associés et souhaitait marque un tournant dans son histoire pour se porter vers de nouvelles ambitions. L’occasion rêvée de rafraîchir l’identité et de réveiller l’envie de se réinventer. Il lui fallait donc une nouvelle charte graphique et un nouveau site internet pour grandir sereinement, et refléter toute la valeur de leur métier. Le chantier était lancé, on pouvait commencer à dialoguer pour réfléchir à la valorisation du patrimoine architectural et urbain selon Archipat.

L’ADN de marque pour poser les fondations

On a logiquement commencé par un atelier pour définir la quintessence de la marque Archipat. On s’est posé autour d’une table, et on s’est laissé bercer par les paroles de personnes engagées dans leur métier. On les a longuement écouté nous raconter leur histoire en tant qu’entreprise, ce qu’ils font et comment ils le font. 

On avait donc besoin de comprendre leur quotidien, leurs préoccupations, leurs points de vigilance, les exigences de leur travail, mais aussi leur touche personnelle, et ce qui rend leur entreprise unique. La démarche collective qui nourrissait les motivations individuelles.

De la simplicité pour présenter un métier complexe et exigeant

Au fil des échanges, toutes les spécificités de l’architecture du patrimoine sont rapidement apparues. C’est un métier bien différent de l’architecture classique. C’est un marché de niche, une expertise très ciblée qui demande un travail de recherche considérable, et une formation solide dispensée par une unique école en France : l’école de Chaillot.


Le logo ArchiPat, de 2001 jusqu’à notre intervention
Le château des Montlaur à Aubenas

L’enjeu ici est d’intégrer au travail d’architecture les problématiques de restauration, de réhabilitation, d’entretien, et tous les aménagements possibles pour soigner et consolider différents types de bâtiments, d’épouser les normes actuelles (d’accueil du public par exemple) tout en respectant leur héritage. La connaissance de l’histoire est un aspect primordial, non seulement pour inscrire ces bâtiments dans un contexte, mais aussi pour la prise en compte des techniques de construction et des matériaux utilisés. Pour “transmettre un patrimoine vivant”, pour reprendre leurs propres mots. 

Dans ce secteur, la clientèle privée est à la marge (même si elle amène parfois de beaux projets) : la majorité des travaux réalisés par Archipat résultent d’un consultation publique. L’entreprise compte dans sa trentaine de salariés un Architecte des Monuments Historiques, ce qui lui permet d’être l’interlocuteur privilégié pour les chantiers liés à ce type de monuments dans la région Rhône-Alpes. Et donc de souvent travailler sur des réalisations de prestige qui s’inscrivent dans l’histoire de France. C’est à la fois une reconnaissance et une responsabilité. 

Dans tous les cas, la clientèle d’Archipat a peu de culture numérique, et sera donc plus 

sensible à la clarté et à la cohérence de l’information dispensée sur le site qu’à la performance technique ou l’audace graphique. Il fallait donc se placer sur le terrain de la transmission d’un discours engageant et accessible, vecteur d’émotion et de passion.

Affirmer un manifeste de marque

Après avoir recueilli l’expression de chacun, sa vision ce qui le motivait, nous avons pu isoler des valeurs partagées par toute l’équipe. Et à partir de ces éléments, nous avons pu construire un manifeste de marque pour présenter l’entreprise et donner une vision claire de leur positionnement sur ce marché bien particulier :

Archipat (nm, nf, 2001) :

Tribu d’architectes engagés. Faite d’autant de différences que de convergences. Unie par une vocation, poussée par un attachement aux patrimoines vivants. Engagée et responsable.

Sensible et audacieuse. Humble et à l’écoute.

Pour transmettre. L’Histoire, les histoires. Évaluer, étudier, et agir pour sauvegarder et conserver ce qui a été bâti avant nous. Pour que ces trésors puissent perdurer après nous.

Revitaliser les legs fragiles, les âmes brisées, les pierres usées. Pour qu’un nouveau chapitre puisse s’écrire. Et (re)bâtir. Avec méthode et intuition, pour dénicher l’unique,

pour valoriser l’authentique. Poser un regard, établir un discours, faire s’exprimer les savoir-faire pour redonner la vie, pour créer l’harmonie.

Enfin, s’impliquer. Pour la continuité, pour la pérennité. Par passion de l’exceptionnel, et parce que l’héritage est une richesse qui se partage.

On tenait un récit, une identité. Il fallait maintenant les matérialiser graphiquement. 

Le logo pour charpenter son identité

Justement, quand on parle de langage graphique, on part souvent d’un logo pour poser les bases des futures déclinaisons sur différents supports. C’est donc un élément d’une importance capitale, dont le pouvoir évocateur doit rejaillir sur l’ensemble de la communication de l’entreprise. 

Matérialiser la construction et la transmission

On a commencé à travailler sur plusieurs pistes différentes, mais au cours de la présentation des résultats à l’équipe, l’une d’entre elles est apparue comme logique pour tout le monde. Par son évocation de la construction et son séquençage graphique. Par sa typographie monospace qui marque le respect de règles de l’art et d’un ordre régulier. Par sa volonté de porter la continuité et la transmission, de faire le lien entre le passé et le présent avec la couleur bleue, qui est aussi la couleur d’origine d’Archipat. Une boucle bouclée, entre tradition et… singularité !

Une première difficulté est apparue dans le traitement de la baseline “architectes du patrimoine” et son intégration dans le logo. Nous sommes partis sur une configuration où ces termes sont également un élément d’explication de la construction du logo, et de la signification de son agencement.

A ce stade, de l’avis général, c’était clair, mais “ça faisait beaucoup de lettres”. Mais cette état du logo était temporaire : cette signature a été pensée pour être évolutive, les termes “architectes du patrimoine” étant visibles dans un premier temps, et remplacés par les barres horizontales et verticales une fois cette nouvelle identité assimilée et reconnue par les interlocuteurs de l’entreprise.

Répondre à la contrainte typographique

La seconde difficulté résidait dans l’harmonie des typographies utilisées. Il fallait anticiper dès cette étape les futures déclinaisons print de l’identité graphique, et donc l’intégration de typographies secondaires répandues pour pouvoir les utiliser dans tous types de documents, réalisés avec tous types de logiciels.
C’est pourquoi seul le logo en lui même a bénéficié d’une typographie premium et l’achat d’une license. Le reste de la charte graphique utilise la typographie Source Sans Pro, pour sa clarté, sa lisibilité, et parce qu’elle est libre de droit. Cette complémentarité entre une typographie custom et une typographie payante est une bonne formule pour envisager tous les usages futurs de la charte sans se contenter du catalogue Google Fonts sans se poser plus de questions. 

Après avoir développé la charte comprenant les guides d’usage du logo, les systèmes de calcul de tailles pour les titres et les textes et d’autres éléments d’usages quotidiens, les fondations graphiques étaient posées : il fallait maintenant construire les plans pour réaliser la suite.

Partir des projets pour penser le design

Pour concevoir un site web qui fait œuvre utile, il faut penser sa fonction et son utilisation. Son objet principal et sa matière première. Pour Archipat, cette démarche s’est faite au cours d’un atelier où nous avons défini ensemble les lignes directrices du site en construction.

Structurer pour mieux penser

Dans un premier temps, nous avons défini la structure du site. D’abord en partant du principe que le patrimoine appartient à à tout le monde. Que c’est un bien commun qui doit être rendu accessible à chacun. Par ailleurs, nous l’avons déjà évoqué, mais la culture du web n’est pas forcément très présente chez les clients et partenaires d’Archipat. Nous avons donc simplifié au maximum l’arborescence et l’articulation du site, pour une information clairement affichée : une page d’accueil, une page agence, une page contact, et l’élément central du site pour que le métier d’architecte du patrimoine soit intelligible pour n’importe quel visiteur : la présentation des projets réalisés par l’agence.

On s’est rapidement rendu compte que ces projets étaient racontés avec beaucoup de pédagogie par ceux qui y avaient participé, avec des mises en perspective et des anecdotes historiques qui donnent de la profondeur et du sens à l’expertise d’Archipat. C’est une matière particulièrement riche pour créer régulièrement des contenus web au potentiel élevé de storytelling et de puissance visuelle. Le travail d’étude de cas se révélait prioritaire.

S’inscrire dans une logique éditoriale pour raconter son métier

Puis on s’est penché sur le volet éditorial pour extraire la manière de se saisir du sujet. On a confié à plusieurs groupes de deux personnes un travail d’études de cas. Chacun de ces groupes a présenté sa vision et sa manière de présenter un projet d’architecture du patrimoine aux autres groupes, et cet espace de discussion nous a permis d’isoler les éléments communs pour préciser une trame de présentation des projets, et de s’appuyer sur la participation très active pour trier les informations pertinentes. 

L’idée était claire : mettre en avant l’expertise très spécifique d’un architecte du patrimoine, et ce qui le différencie d’un architecte classique. Le travail de recherche considérable qui précède un chantier d’architecture du patrimoine donne toujours des histoires à raconter, et ces histoires donnent de la consistance aux études de cas tout en révélant l’ampleur du travail à effectuer pour appréhender ce type de projet sans rien oublier. De plus, l’architecture du patrimoine se prête bien à la mise en avant d’éléments visuels variés : croquis, esquisses préparatoires, plans, images d’archive, photographies…

Toute cette richesse devait maintenant s’intégrer dans un site conçu spécialement pour sa mise en valeur.

Une grille pour construire un site web personnalisé

La mise en avant des études de cas et leur trame nous ont donné la matière nécessaire pour lancer le travail de design, et concevoir un site taillé sur-mesure pour l’activité d’Archipat.

Sortir des cadres standars

Notre première préoccupation a été d’éviter de créer un simple site portfolio, une suite d’images alignées de manière linéaire. Chaque projet présenté recèle de trop de possibilités pour s’en contenter, et nous voulions que le site soit envisagé comme un recueil d’histoires à raconter. 

Comme ces histoires sont souvent complexes, il fallait éviter le trop carré, le trop symétrique, le trop linéaire. Pour autant, on ne pouvait pas complètement laisser de côté la notion de structure, donnée essentielle de l’architecture. 

Nous avons donc construit le site autour d’une grille de composition basée sur le centre du logo, et les bordures droites et gauche des symboles qui englobent la baseline. La grille est donc symétrique, dans le sens où elle contient un point de pivot central, mais nous permet également d’afficher un webdesign basé sur deux colonnes asymétriques à la disposition dynamique. 

Ces colonnes nous servent à travailler sur le contraste entre des zones claires et foncées, différentes selon les pages du site : par exemple, les études de cas présentent plus d’images que les autres pages, et privilégient donc la place d’un arrière-plan foncé. Le texte, quant à lui, s’affiche automatiquement en clair ou foncé et à droite ou à gauche selon l’arrière-plan dans lequel il s’intègre. 

Anticiper la pluralité des contenus et leur mise en valeur

Plus important encore, pour permettre d’exploiter le plus d’éléments visuels possibles, nous avons conçu l’intégration du bloc “Image” dans la grille de manière à pouvoir afficher dans la grille n’importe quel ratio d’image. Portrait, paysage, panoramique ou même n’importe quel format non homothétique, il viendra s’imbriquer dans le contenu de manière à respecter la grille de composition, et garantir une place prépondérante aux visuels. 

Le pattern de listing de projets permet également d’épouser tous les formats d’image possible, et d’y lier le positionnement du texte. Le résultat est un listing qui s’échappe des stéréotypes de la symétrie ou du plein écran, pour proposer une disposition originale. On retrouve également ce pattern dynamique dans la présentation de l’équipe d’Archipat. 

Toute la structure était maintenant en place pour former l’équipe d’Archipat à l’utilisation de WordPress et Gutenberg, et la laisser créer son contenu en toute autonomie ! Ils s’en sont donné à coeur joie, ont mis en page tous leurs projets sans intervention supplémentaire de notre part.

On vous laisse donc découvrir comment ils ont Projet 1 et Projet 2, et découvrir le métier d’architecte du patrimoine